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“cool ou tyran ?” découvrez le président nayib bukele (la vérité choque)

Nayib Bukele : portrait d’un président entre coolitude et dictature

L’influence de la culture pop sur la politique ne s’est jamais aussi manifestement incarnée qu’en la personne de Nayib Bukele, président du Salvador. Présenté tantôt comme un réformateur pragmatique, tantôt comme un autoritaire ne cachant pas son ironie pour les titres qui lui sont attribués, notamment sur les réseaux sociaux. Naviguant entre modernité et méthodes controversées, son style de gouvernance ne laisse personne indifférent.

Un parcours atypique : de l’entreprise familiale à la présidence

Nayib Bukele, homme au parcours singulier, a bâti son ascension politique sur des fondations loin des parcours académiques classiques. Après des études de droit non conclues, il s’engage dans l’empire commercial de sa famille, enrichissant son expérience dans des domaines tels que le textile, la pharmacie et la publicité. D’origine palestinienne, ce natif de San Salvador, né en 1981, jouit d’une véritable autonomie d’action et d’idées novatrices dès son plus jeune âge, aspect de sa personnalité que je perçois dans les startuppers avec qui j’ai l’occasion d’échanger en tant que journaliste high-tech.

Son entrée en politique ne survient qu’aux alentours de trente ans, avec une élection comme maire de Nuevo Cuscatlan puis de la capitale, positions qui lui confèrent une visibilité et une légitimité pour se présenter et remporter la présidence en 2019. Ancré dans le dégagisme ambiant, il propose une alternative aux partis historiques et s’impose comme un renouveau politique.

Une popularité à l’épreuve d’une gouvernance autoritaire

Son mandat, amorcé dans une volonté de rupture, s’est consolidé autour de la lutte contre les maras, gangs salvadoriens qui gangrènent le pays. Sa stratégie est radicale : état d’urgence autorisant militaires et arrestations sans mandat. Plus qu’une politique sécuritaire, c’est une guerre ouverte contre la criminalité qu’il mène avec pour résultat une chute drastique du taux d’homicides. Une performance qui lui vaut une popularité hors norme, flirtant avec les 90% d’approbation selon le Latinbarometro.

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Cette stratégie, toutefois, soulève de graves questions en lien avec les droits de l’homme. Les détracteurs l’accusent de pratiques autoritaires, voire de dérives vers une forme de dictature. Des accusations auxquelles Bukele réagit souvent par l’ironie, affirmant haut et fort le bien-fondé de son action. D’une férocité incontestable, il n’hésite pas à menacer de priver de nourriture les membres emprisonnés des gangs en représailles à leurs agressions à l’égard de la population. Parallèlement, il orchestre une mainmise sur le pouvoir judiciaire, remplaçant les juges de la chambre constitutionnelle et le procureur général, un pas déterminant vers un monopole du pouvoir.

Une communication à contre-courant : du virtuel au réel

L’image d’un président en jean, t-shirt et casquette à l’envers prend forme devant nous. Un style décontracté qui fait écho à la coolitude que certains lui prêtent, en rupture avec les codes traditionnels de la diplomatie. Mon fils de 5 ans, en voyant sa photo, avait même demandé si c’était un acteur de film d’action, ce qui illustre bien ce côté président pas comme les autres. L’usage des réseaux sociaux par Bukele, avec 5,8 millions d’abonnés, est un vecteur majeur de sa communication. Une stratégie qui lui permet de contourner les médias traditionnels, renforçant son contact avec le peuple tout en élargissant son audience internationale, notamment en s’exprimant en anglais.

Sa gestion de l’image atteint son paroxysme lorsqu’il se prend en selfie devant l’Assemblée générale des Nations unies, une initiative certainement inédite pour un chef d’État. Qu’importe la critique, la répartie de Bukele, souvent teintée d’ironie, est une arme de communication qui s’affûte au gré des controverses, comme en atteste l’évolution de sa bio qui connut des appellations telles que “dictateur du Salvador” à “dictateur le plus cool du monde”, voire même “le roi philosophe”.

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L’audace économique et ses limites

Osons le dire, l’audace de Bukele ne s’arrête pas à sa communication. Elle se traduit également dans les décisions économiques, notamment avec l’intégration du Bitcoin comme monnaie officielle – pari osé et controversé face aux mises en garde de grandes institutions financières telles que le FMI ou la Banque mondiale. Cette initiative, qui traduit un goût pour la nouveauté et pour le risque calculé, n’a pas rencontré le succès attendu. Selon une étude de l’Université d’Amérique centrale, cette cryptomonnaie reste peu utilisée en 2023 et le flou demeure quant aux investissements gouvernementaux dans ce domaine. On touche là aux limites de l’innovation à marche forcée, un concept que je côtoie régulièrement dans le monde des technologies de pointe.

Si certains jettent un regard critique sur ces “foutaises” présidentielles, comme dirait Bukele lui-même, il reste indéniable que le personnage fascine autant qu’il divise. Marié à Gabriela Rodriguez, avec qui il a deux enfants, cet homme de famille se montre impitoyable en affaires comme en politique, un équilibre entre tendresse privée et dureté publique qui traduit bien la complexité du personnage.

Dans la mosaïque des présidents latino-américains, Nayib Bukele s’impose donc par son style et ses méthodes, assumant un rôle de président cool mais controversé. Son parcours, sa gestion du pouvoir et sa communication atypique en font une étude de cas singulière pour la politique contemporaine et revêtent une importance particulière au regard des nouveaux enjeux démocratiques et du rôle des technologies dans l’exercice de la gouvernance. Le Salvador, sous sa direction, continuera à attirer l’attention, tant pour ses succès que pour les polémiques qu’il suscite.

Victoire

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Written by Victoire

Je suis Victoire, 37 ans, passionnée d'actualités, de high-tech et de jeux, tout en étant maman d'un enfant de 5 ans. J'adore explorer et écrire sur divers sujets comme la société, la mode, les nouveautés et l'écologie. Je jongle entre mes passions et mes responsabilités familiales, cherchant toujours à partager mes découvertes et mes pensées. Engagée et curieuse, je me vois comme une femme moderne qui s'informe et s'adapte dans un monde en évolution.

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